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  • Sanae Arraqas

    Née en 1989 à Rabat
    Lauréate de l’Institut National de Beaux- Arts de Tétouan
    Avec sa sensibilité et ses outils, Sanae Arraqas cherche d’abord à prendre position sur les problématiques sociales qui la touchent au quotidien. Son intérêt pour la complexité des situations et des rapports humains se décline à travers ses travaux. Les œuvres de l’artiste expriment l’aliénation de l’individu face au monde urbain, qui nous impose un rythme soutenu et qui gomme l’individualité de chacun.
    Ceci est particulièrement vrai dans les transports en commun. L’ambiance grisâtre de ces lieux déteint sur les milliers de personnes qui les arpentent chaque jour, devenant, le temps d’un voyage, des êtres vides et communs. Il est ici question de la perte d’une partie de notre humanité, sacri ée à l’autel d’une sociabilité qui privilégie la course sur la vie, le résultat sur les moyens et l’e acement de soi au pro t d’une performance toujours plus grande.

  • Nasrine Kheltent

    Née en 1991 à Huy (Belgique)
    Le travail de l’artiste s’intéresse au médium lmique en tant que vecteur d’images, de mouvements, de vibrations. Initiée à un parcours polyvalent, à la croisée de concepts, c’est tantôt par la vidéo, tantôt par la performance qu’elle met en scène une dramaturgie du réel.
    Très intéressée par la multiplicité des lan- gages que convoque le domaine architectu- ral, l’artiste cherche par sa pratique à ren- contrer les lieux que ce domaine propose au public, et davantage des lieux qui lui résistent. A l’égard d’événements isolés de la société et ceux particulièrement qui favo- risent l’émergence d’une idéologie, elle re- teint un rapport au temps discontinu. Etant donné des rapports d’échelle dépassés par l’outil technique, réaliser ces vidéographies engage l’équilibre qu’elle espère être préser- vé en société malgré une mondialisation qui opère dans la violence, par la violence, quel que soit le degré de civilisation.

  • Rahma Lhoussig

    Née en 1996 à Taroudant
    Etudie à l’Institut National des Beaux- Arts de Tétouan
    Nos pensées et nos souvenirs restent toujours au fond de notre esprit, se nichent dans notre inconscient et nous in uencent insidieusement. Toutes ces idées prennent possession de l’espace disponible en nous, parasitent notre cerveau et nous rongent le cœur. En les dessinant l’artiste les exorcisent et se décharge d’un poids émotionnel. Pour ne pas être piégé par ses mauvaises pensées, il faut les accepter et les a ronter. Ce n’est que comme cela qu’on peut faire le vide et être apaisé. L’artiste dessine la face cachée de ce qui se passe dans notre tête.

  • Omayma Lguersi

    Née en 1989 à Fnidek
    Diplômée de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan
    Notre rapport aux nou- velles technologies ayant profondément bouleversé notre perception visuelle, nous ne portons plus qu’un regard super ciel sur ce qui nous entoure. Nous voyons les choses, mais nous ne les analysons pas. Nous avons
    perdu toute capacité de perception.
    Le travail de l’artiste s’inspire de la notion de « op art ». Les œuvres construites sont pu- rement visuelles. Ce sont les formes ondu- lantes contenues dans les œuvres qui créent l’illusion optique du mouvement. L’œil du spectateur est le moteur même qui met en action l’e et visuel de l’œuvre.
    Au-delà de sa recherche sur l’art optique, l’artiste s’interroge également sur l’unicité de l’œil. En e et, l’œil est traditionnellement considéré comme un miroir de l’âme, mais c’est aussi une sorte de carte microscopique de l’identité d’un individu. Dans ses œuvres l’artiste représente un iris dont les ls in- ternes semblent entrelacés. Parfois ils dispa- raissent et d’autre fois ils apparaissent, c’est un mélange entre transparence et contraste. Les limites de l’œil sont complètement invi- sibles et la pupille apparaît comme un trou au milieu d’un mince réseau.

  • Mounia Bouchra

    Née en 1990 à Agadir
    L’artiste a grandi dans la ville de Agadir, au sein du quartier de Anza, marqué par les séquelles du séisme de 1960. Dans ces villes détruites, que ce soit par des guerres ou par des catastrophes naturelles, l’histoire disparaît sous les machines de l’urbanisme et confère à cette terre pleine de mémoires, l’impression qu’elle est sans histoire. «Amsernat» est un quartier qui fait réfé- rence à «Ames sur Nattes». Cette appellation témoigne de ce lieu qui a été une cité refuge où les rescapés dormaient sur des nattes. Au l des années ce nom a été déformé. Cet ef- facement du nom d’origine a amené l’artiste à établir un parallèle avec les sentiments. L’artiste travaille sur la métaphore du séisme pour s’interroger sur les accidents de la vie qui nous frappent violemment et nous bou- leversent. Elle regarde ces séismes comme les événements violents qui arrivent dans une vie, Elle utilise l’art cinétique pour créer une œuvre provoquant des vibrations au sol et dont la sensation nous invite à une intros- pection. Les ondulations au sol provoquent chocs et émotions chez le spectateur, le séisme ressenti est personnel et émotionnel.

  • Mohamed El Alami

    Né en 1991 à Jerada
    Diplômé de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan
    Pour comprendre le travail de Mo- hamed El Alami, il faut savoir qu’il est origi- naire d’une région aride du Maroc située à la frontière avec l’Algérie et qu’il est issu d’une famille d’artisans vanniers, ce qui a inspiré son travail. Il présente une installation qui a pour sujet le doum, une plante sauvage de sa région, qui n’est pas cultivée mais qui est d’une grande utilité dans la vie quotidienne. En e et, cette plante, ses fruits et ses racines fournissent aux populations locales la ma- tière première nécessaire pour répondre à de nombreux besoins élémentaires, se protéger, créer des abris, se nourrir, se chau er… En le peignant et en le sublimant, l’artiste veut lui rendre hommage et essayer de le por- ter au rang d’œuvre d’art.

  • Mohamed Aymane Mtar

    Né en 1992 à Fes
    Diplômé de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan
    Mohamed Ayman Mtar est ar- tiste visuel et professeur d’arts appliqués. C’est l’acharnement des médias à présenter le monde arabe de la même façon constante et répétitive en faisant un amalgame avec le terrorisme qui a poussé cet artiste à tra- duire ses émotions au travers d’une œuvre ornementale. Avec son installation formée par des cartes du monde arabe, la répétition d’un motif inspiré du zellige traditionnel et le camou age du mot « terrorisme », l’artiste veut créer une contradiction et un question- nement entre le visible et le caché.

  • Mehdi Ouahmane

    Né en 1992 à Casablanca
    Diplômé de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan
    Mehdi Ouahmane est un artiste pluridisciplinaire. Après une licence en de- sign graphique, il travaille dans di érentes agences de communication et acquiert une véritable expérience professionnelle en tant que graphiste. Il décide alors de reprendre ses études aux Beaux-Arts de Tétouan, ce qui lui procure un nouvel espace d’expérimenta- tion. L’artiste nous présente deux dessins in- titulés « Workers » et « Map » qui constituent un dialogue dans son travail. Dans ses des- sins, il remet en cause le monde du travail. En acceptant les conditions imposées par les entreprises, les employés créent eux-mêmes leur propre aliénation. L’œuvre « Map » est la carte d’un pays irréel formé par plu- sieurs cellules entrelacées. L’artiste propose une vision qui est en rapport direct avec sa conception du monde du travail. Cette carte est un moule géant formé par une multitude de cellules, comme une structure avec des employés.

  • Karamezzine Lahlou

    Né en 1994 à Rabat
    Lauréat des Beaux-Arts de la Sorbonne (Paris, France)
    L’artiste a développé son intérêt et ses compétences dans la création de nou- veaux médias. « Transfusion » est le titre de son projet représentant la relation transcen- dée et sublimée entre l’Homme et la Ma- chine. La vague technologique nouvelle est e rayante, mais nous ne pouvons pas nous en passer, tout en étant conscient de ses mauvais e ets. Dans son travail l’artiste cherche à déterminer une limite, peut-être une frontière, au sein de nous-mêmes, où d’un côté nous assimilons une certaine idéo- logie et de l’autre nous demeurons techno- phobes.
    L’artiste questionne les facteurs qui nous poussent à préférer les machines aux pra- tiques traditionnelles. Dans le cas d’une transplantation par exemple, où est l’aliéna- tion ? Dans un membre bionique ou dans un véritable organe humain? Finalement nous ne pouvons qu’imaginer, comme une addic- tion, que cette relation « transplantée » et « fusionnelle » rende l’être humain obsolète.

  • Jihad Eliassa

    Jihad Eliassa
    Né en 1990 à El Jadida
    Lauréat de l’Institut National de Beaux-Arts de Tétouan
    Jihad Eliassa présente la collection «Mémoires Sacrées» L’artiste entretient un rapport étroit avec une période nostalgique de sa vie pendant laquelle il vivait avec sa grand-mère et il nous présente cette œuvre comme une vitrine ouverte sur ses souvenirs. La superposition de transparence entre la vitrine et les objets est une façon imagée de représenter des icônes qui éveillent notre mémoire et nos sens. Cette armoire, souvent fermée à clé, est comme un livre de recueil de souvenirs sacrés, car ils sont porteurs de mémoires. Nous pouvons la trouver dans toutes les cultures, seul ce qu’il y a à l’intérieur di èrera peut-être. Le ressenti n’est pas une simple pensée, il est aussi profondément physique. Ces objets du quotidien sont devenus pour lui une machine à remonter le temps de l’enfance et de l’émotion collective et c’est ce qu’il souhaite partager avec le spectateur à travers la double réalité de l’objet et de l’organe.