Saïd Afifi

L’univers intemporel de Saïd Afifi nous interpelle au même titre que ces romans ou ces lms de science- ction qui ont marqué notre imaginaire collectif. Ils nous viennent, pour ne citer que ceux-là, de Jules Verne, Ka a ou George Orwell en passant par Metropolis de Fritz Lang, Brazil de Terry Wil- liams, Blade Runner de Ridley Scott ou de la ville, boursou ée d’ambition, de Star Wars… L’espace urbain (ou ses restes) tel qu’il les explore est au cœur des univers de science- ction. Ces cités imaginaires allient délires urbanistiques, inventions technologiques et décadences archéologiques.
De ces diverses concrétions du passé et du futur naît une ten- sion qui semble inhérente aux œuvres de cet artiste, entre des archéologies historiques et des archéologies contemporaines aux dystopies techno-futuristes glaciales. À cela près que plus son projet est circonscrit dans un espace-temps limité aux deux dimensions de la photographie, plus Saïd A s’impose la contrainte de concentrer la dramaturgie que cela recouvre. De Métabolisme casablancais il écrit : « C’est un projet qui tente d’observer l’état des lieux d’un paysage urbain en pleine expan- sion / suspension. Il nous invite à déambuler de façon bipo- laire dans une ville délaissée et fantomatique qui n’est abritée que par nos fantasmes et désirs les plus fous qui rêvent d’une métropole ultra-moderne.
utopies urbaines moderne. Le mouvement métaboliste japo- nais en urbanisme et architecture se place au cœur de cette ré exion, comme ultime référence. Il s’agit en l’occurrence d’un pont imaginaire qui se crée désormais entre Tokyo d’après- guerre et Casablanca d’aujourd’hui. »
À travers ces paysages futuristes ou dévastés Saïd A explore, par delà un monde subréel et brutaliste, les recoins de notre mémoire telle qu’elle instruit aussi une meilleure compréhen- sion des détours inquiétants de nos cerveaux contemporains.